Mes rêves et mes cauchemars, s'ils impriment leurs images sur ma réalité, s'évaporent.
Tous ces objets qui me parlent de toi, dans un babillage qui était le tien.
Ta photo...
Ma respiration courte glisse sur elle, tout près de moi, comme pour t'insuffler la vie à nouveau.
Ton bracelet...
Petit bijou que je tourne et retourne mille fois entre mes doigts,
Que j'enferme dans le creux de ma main pour me pénétrer d'un reste de toi...
Tout n'ajoute que peine à ma peine.
Quinze mois...
Que je lutte pour accepter que tu nous aies quittés si brutalement, qu'on t'ai ôté à moi.
Je ne sais pas si un jour ma douleur sera moins violente.
Des gémissements et des cris se télescopent dans mon c½ur et déchirent mon être tout entier.
Aucun remède à ma douleur.
Un seul pourrait me guérir : pouvoir te serrer à nouveau dans mes bras.
Je me heurte à l'impossible, cela ne peut être, ne sera plus jamais.
Un jour, peut-être... Ailleurs... Je veux m'accrocher à cette espérance.
J'ai tellement hâte de te revoir, mon bel Ange, ma douce Colombe !
Hélas, je sais que tant que je serai en bas et toi en haut,
Nos chemins ne se croiseront pas.
Seul l'amour que j'ai pour toi et que je t'envoie demeurera l'unique lien qui nous rattache l'une à l'autre.
Paisiblement tu dors...
Toujours je parle de toi au temps présent.
Pourtant, le présent de ta présence est devenu le passé de ton existence....
Et je ne peux m'y résoudre.
Alors, je continue mon combat, espérant que le passé s'accordera un jour à mon présent.
Le soir, quand je me couche,
Je prie et supplie pour qu'au matin, dès le lever du jour,
Ta voix m'appelle et me dise : « Maman, je vais être en retard à l'école ! ».
Oh ! Que cesse le cauchemar ! mais non. ... Rien ...
Silence.... Silence pesant .... silence oppressant.....
Silence chargé des échos des jours heureux.
Je ne savais pas que le silence pouvait faire un tel vacarme !
Le cauchemar hante toutes mes nuits et habite chacune de mes heures.
La seule voix qui parvienne à mon c½ur m'ordonne : « Courage ! »,
Inlassablement, chaque matin.
Et chaque matin,
Ce seul mot m'est un supplice.
Je m'efforce de m'en emparer, de le faire mien,
De m'en parer comme d'un vêtement rêche dont je dois me couvrir.
